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Tidiane Faye

Tidiane Faye, 26 ans, surnommé Professeur de Lansar pour ses prouesses techniques, a plusieurs vies. Le récent vainqueur de Pape Mor Lô (écurie Sakou Xam-Xam) n’a qu’un seul mot d’ordre dans l’arène :devenir millionnaire.

Cordon-bleu

Scoop : le «Professeur» de Lansar, Tidiane Faye, est un fin cordon-bleu. Il vit dans une maison dépourvue du petit luxe et où les hommes du domicile s’organisent pour assurer la cuisine. Le récent vainqueur de Pape Mor Lô de l’écurie Sakou Xam-Xam, comme à son habitude, semble cacher son jeu… ses talents culinaires, Mais, son cousin Oumar Ndiaye qui partage avec lui la maison balance l’exclusivité. «Je peux vous assurer que Tidiane est un as de la cuisson, il prépare du tout : Yassa, Thiou, ceep bon jeun (riz au poisson) », lâche-t-il, sous le regard désapprobateur du lutteur de l’écurie Lamsar. «On se débrouille comme on peut… », freine Tidiane, sans en rajouter. L’arène n’en croirait pas ses oreilles, le «Professeur» de Lansar, réputé pour sa technique, son agilité, sa virilité dans l’arène, se fait cordon-bleu à la maison en mitonnant de délicieux plats.
Dans la cour ensablée d’une maison dépourvue du petit luxe où il reçoit, Tidiane Faye, teint noir foncé, musculature abondante, porte un survêtement blanc qui laisse découvrir ses immenses pectoraux (98 kilos), un pantalon treillis camouflé militaire et des sandales en cuir. Le «Prof» de Lansar qui est de petite taille (environ 1m70) sourit de tout et de rien. Sa banane ne le quitte plus depuis qu’il a battu à plate couture Pape Mor Lô (écurie Sakou Xam-Xam). Tidiane Faye ne touche plus terre. Il pétille de bonheur. Sans doute libéré de la pression de l’arène, après une saison de lutte passée à filer des urticaires à ses adversaires, à force de prouesses techniques à chacune de ses sorties. Dans ce quartier Lansar aux murs lézardés et à l’architecture désuète, Tidiane Faye est entourée d’une cour d’amis et de supporteurs qui «goûtent» goulûment à ses paroles, tout en esquissant sans arrêt des sourires amusés et des approbations forcées.
Le monde de Tidiane Faye s’arrêterait à la porte en fer de son domicile. D’habitude, il ne quitte sa demeure que pour aller rejoindre ses potes de l’écurie Lansar à l’entraînement. Quand il revient cramé des exercices physiques et des corps à corps, Tidiane Faye se transforme en glouton et mange tout ce qui lui tombe sous la main. «Son seul défaut, c’est qu’il est trop gourmand, il mange sans arrêt, il ne se lève du bol que quand il n’y a plus rien à se mettre sous la dent», avoue son cousin Oumar Ndiaye.

«Je veux devenir millionnaire»

Chez Tidiane Faye, sa gourmandise insatiable n’a d’égal que son ambition forcenée de réussir. D’intégrer le gratiné cercle des millionnaires de l’arène et ses exubérances. «Je veux devenir millionnaire, conduire de belles voitures et avoir une grande maison», rêve-t-il éveillé. L’aisance matérielle, c’est presque une obsession chez ce bonhomme qui n’est pas né avec une cuillère en or dans la bouche. La vie ne lui a rien offert, mais Tidiane a tout arraché pour se tailler une place dans la jungle de l’arène. «J’ai vécu des choses difficiles que je n’aimerai plus revivre. J’ai du mal à en parler, parce que cela peut donner l’impression que je m’apitoie sur mon sort», justifie-t-il. Tidiane a de la décence de parler de ses galères, de ses parents qui ont trimé par de petits boulots pour faire bouillir la marmite familiale et survivre dans la difficile vie dakaroise. Ils ont fini par retourner dans la paisible et lointaine localité de Djilor, dans le département de Foundiougne, région de Fatick. Tidiane a grandi dans ce patelin où il a fréquenté l’école primaire jusqu’en classe de Cm 2. Sans réussite. Il finit par se faire une raison et abandonne les classes. A son retour à Dakar, son père, soucieux de son devenir, le met en rapport avec un mécanicien réputé de Lansar pour un apprentissage de la mécanique: «J’ai intégré le garage mécanique de Thioko Sèye où j’ai appris tous les secrets du métier», assure-t-il. Un métier qui n’était pas de tout repos à travers lequel Tidiane peinait à joindre les deux bouts. «Je restais parfois des journées entières sans toucher la moindre pièce de monnaie, c’était vraiment difficile…», soupire-t-il.
Le «Professeur» de Lansar finit par quitter les écrous et autres vis pour s’engager dans l’arène. Mais, si sa décision agrée son père, sa mère y met son veto. «Mon fils ne sera jamais lutteur. C’est un métier violent où les gens se donnent des coups et peuvent se blesser», se braque la maman. Tidiane recule et s’allie avec sa grand-mère pour faire revenir sa mère à de meilleurs sentiments, afin d’obtenir son aval, sa bénédiction. Il dit : «J’étais très préoccupé par le refus de ma mère, c’est pourquoi j’ai pu convaincre ma grand-mère de lui parler. Elle a finalement béni mon engagement dans la lutte. Je ne discute pas les décisions de mes parents et je chercherai toujours à suivre leurs conseils. »

«Yékini est mon idole»

Mais comme toujours dans ces histoires, la passion finit par venir à bout de tout. D’autant que Tidiane a longtemps vécu la passion de la lutte à fond. Déjà tout petit, il s’échinait à porter les chaises pour l’organisation des séances de lutte organisées par Max Mbargane. A l’occasion de ces séances de lutte, Tidiane Faye s’inspire de la fougue de Serigne Dia «Bombardier», de la technique et du culot de Mouhamed Ndao «Tyson» et de la science de Zale Lô. Mais lui vénère «Yékini» plus que tout. «C’est mon idole», révèle-t-il. On est en 1999, Tidiane Faye décide d’aller frapper aux portes de l’écurie Thiaroye où Khadim Ndiaye N°2, Ousmane Diop règnent comme les chefs de file sous la supervision de l’expérimenté coach Alla Guèye. Tidiane se fond dans le moule.
Puis vint sa première sortie officielle dans l’antre de Iba Mar Diop face à Eumeu Sène N°2. L’entrée est manquée, Tidiane subit une cinglante défaite. La pilule est dure à avaler. «J’avais du mal à me remettre de cette défaite, car j’avais fini par me faire une solide réputation dans les mbappatt (séance de lutte traditionnelle) où je n’avais enregistré la moindre défaite, mais cela m’a servi de leçons», reconnaît-il.
Deux ans plus tard, ses états de services appréciables dans l’arène lui permettent de frapper aux portes de 1’Equipe nationale. Où il fait des prestations honorables dans la catégorie des 65 kilos au Niger et en Guinée Bissau. Il revient plus futé de ses expériences sous-régionales et multiplie les sorties victorieuses dans l’arène. Alors, quand Max Mbargane décide, en 2009, de fonder l’écurie Lansar, Tidiane est l’un des premiers à le rejoindre.
Depuis, il monte en grade et n’arrête pas d’étonner les férus du «Sport de chez nous» par la richesse de sa panoplie technique et les fortes envolées que ses prouesses techniques charrient a chaque fois que ses images inondent le petit écran… Un succès dans l’arène qui ne surprend pas son coach Max Mbargane. «Aujourd’hui, si l’on parle de la réussite de l’écurie Lansar, Tidiane Faye y a contribué pour une large part. C’est une bête au travail, jamais il ne rechigne devant l’effort et son comportement est irréprochable au sein de l’écurie», encense son mentor. Avec de telles qualités, le «Professeur» de Lansar n’a pas fini de faire parler de lui…

Fan de Messi

En attendant, il profite des vacances de l’arène et brûle d’envie de revoir son équipe de cœur, le Barça de Pep Gardiola illuminé d’habits de lumières la scène européenne pour pouvoir s’extasier des dribbles de Léo Messi. «Je suis un supporteur du Barça et de Léo Messi. Oh lui, il est capable de tout faire avec un ballon», se réjouit-il de bonheur. Dans son quartier de Lansar, les railleries d’avec, son copain d’enfance El Hadj Ndiaye sont connus de tous, les soirs de Classico. «Tidiane vient suivre les matchs chez moi, mais on se met tout le temps à se chambrer», confie l’ami. Chez la famille Ndiaye, la télé a fini par être la compagne de Tidiane Faye qui ne se lasse pas d’avoir les yeux rivés sur le petit écran jusqu’à des heures indues. «Mes copains me taquinent souvent en me disant que je risque d’avoir des problèmes de vue, car je passe tout mon temps parfois à regarder la télé jusqu’à 2 heures du matin, je suis surtout les pièces de théâtre, les films d’actions et de karaté», serine-t-il, heureux de parler de ses hobbies.
Lui qui a perdu l’envie de sortir et d’aller en boîte depuis des lustres et qui vit tel un moine dans son monastère. «Je n’ai pas de copine et je ne pense pas encore au mariage, il faut d’abord que je réalise mou objectif :être millionnaire, après je pourrai me payer tout ce que je veux», argue-t-il. Le «Professeur» de Lansar ne reste pas indifférent à la tension sociale qui accompagne les mornes journées dans la banlieue où les coupures d’électricité et les problèmes de gaz butane sont monnaies courantes. «Je vis ces problèmes comme tout le monde, mais je pense que c’est la crise, il nous faut seulement garder la foi et être patient», recommande-t-il. Lui qui promet de voter en 2012 estime que le Sénégal est un pays de paix, et qu’il faudra sauvegarder ce calme à tout prix. A l’évocation du troisième mandat de Wade. «Han, je n’ai rien dit», mime Tidiane Faye des mains. Lui au moins s’évite le célèbre «Wax waxeet » (dire et se dédire) de Maître. .

SOURCE : L’OBS MOR TALLA GAYE

 

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