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Khar Mbaye

La grande diva de la chanson sénégalaise en la personne de Khar Mbaye Madiaga malgré son âge avancé et son état de santé très fragile, a tenu à ouvrir son coeur pour les lecteurs de Sunu Lamb. Pour la grande cantatrice de Rufisque à la voix d’or, il y a trop de woyane (ndlr : charité) dans l’arène. Entretien

Khar Mbaye Madiaga

Comment avez-vous passé votre enfance ?Mon enfance était paisible à l’époque, partagée que j’étais entre les chants, les sabar, les kassak, les mbappat, les mariages. J’ai fait les études primaires mais mon séjour à l’école française n’a pas trop duré. Je n’ai fait que trois mois. Mon maître s’appelait Monsieur Dieng à Keuri Souf. Par la suite, j’ai été à l’école coranique chez Mohamed .Comment avez-vous attrapé le virus de la chanson ?

J’ai hérité de la chanson mais j’ai quand-même appris à chanter. C’est à l’âge de 5 ans que j’ai commencé à chanter. C’était depuis le temps de Lamine Coura Guèye et Senghor. Pour que le public puisse me voir, il fallait que je m’installe sur un tabouret pour effectuer ma prestation. J’ai chanté à l’occasion des manifestations tels que les simb et j’étais accompagné de mon oncle Babacar Mbaye Kaba. Ce dernier me disait tout le temps : «chante parce que tu dois chanter».

Quand est-ce que vous avez commencé à chanter dans l’arène ?

Depuis toute petite, à l’occasion des mbappat dans les quartiers à Rufisque, notamment à Thiawlène et à Dangou. À l’arène Makhary Thiam alors que Bassirou Diagne était seul à organiser des combats de lutte, il m’arrivait de jouer là-bas avec Fa Mbaye Diop et Diabou entre autres

Comment est venue la chanson Karo Yalla nélene karo, boudone lambi djiguene sakh dièkhneu ?

Je constatais parfois que les combats avaient tendance à trop durer. Comme par magie, j’ai pris le micro à l’occasion d’un grand combat qui avait drainé beaucoup de monde pour entonner cette chanson. C’est pourquoi, je dis dans la chanson: même si c’était un combat de femmes, c’était terminé, depuis. Les gens ont aimé et les griots l’ont adopté depuis lors et ils n’hésitent pas à le reprendre. Cette chanson servait à inciter les lutteurs à se donner à fond. Tapha Gueye le dit souvent que lorsqu’il entend la chanson, il se transforme en un lion. Cette chanson, c’est ma propriété.

Comment était la lutte d’hier ? 

C’est très différent de ce qui passe de nos jours. La lutte était plus attractive et beaucoup plus plaisante. Les gens aimaient se faire beaux avant de venir au stade. Les poches remplies de billets de banque, ils donnaient sans compter aux lutteurs et aux griots. La lutte, c’était une grande fête. Certaines pratiques n’existent cependant plus dans l’arène. C’est le cas du thiabakh. Les lutteurs mettaient du piment dans leurs ongles pour ensuite l’introduire dans les yeux de l’adversaire au cas où l’occasion se présente. Ils en profitaient pour chercher une ouverture.

À cette époque, est-ce que Rufisque regorgeait de grands lutteurs ?

Alahou Akbar ! Ils étaient nombreux. Je peux citer mon oncle Songane Guèye, Gamou Guèye de Diokoul était le plus fort de tous. Il a livré un combat avec Bory Patar qui restera dans les annales. Ils sont nombreux; les Fall Laalo, Ousmane Mbengue Mbao, Bismi Ndoye mais avec l’âge, j’ai oublié la plupart d’entre eux.

Qui était Gabar Ndoye ?

C’est un fils de Rufisque. Il habitait Keuri Souf et il est mort depuis très longtemps. Ce n’était pas un lutteur mais il avait la lutte dans le sang. C’est pourquoi, il a construit l’arène Gabar Ndoye. C’était le temple de la lutte sénégalaise. Les gens aiment se faire beaux pour aller à l’arène Gabar Ndoye tous les week-ends. Il n’y avait à l’époque que deux arènes Makhary Thiam à Fass et Gabar Ndoye à Rufisque.

Quelle analyse faites-vous de la lutte d’aujourd’hui ?

Sur les chansons, les chanteurs ne chantent plus dans l’arène. Ils font du bruit sans vraiment chanter. Il y a trop de woyane (il y a trop de charité). Parfois les gens riches ont même peur d’aller au stade à cause du woyane. Ils ne chantent plus la bravoure des lutteurs mais plutôt les gens qui sont sur les gradins.

Avez-vous pensé à votre succession ?

Des chanteuses comme Madiodio, Daro Mbaye, Ndickou Thioune peuvent aller très loin mais il faut être solidaire. J’ai une fille qui se nomme Maguette Fall, j’ai grand espoir en elle pour qu’elle prenne le flambeau.

Avez-vous eu ce que vous recherchiez dans la lutte ?

Je n’ai pas gagné de l’argent dans la lutte. Il y a les Alioune Sarr, Aziz Ndiaye, Gaston Mbengue qui me soutiennent.

Quel est votre plus gros cachet dans l’arène ?

Quelqu’un comme Alioune Sarr lors des tournois de la CEDEAO qui se déroulent à Dakar, me paie bien. Gaston Mbengue à chacun de ses combats de lutte, me remet 500.000 FC FA que je partage avec les autres.

Avez-vous acheté une maison avec l’argent de la lutte ?

Non pas encore. Achetez une maison avec l’argent de lutte (rires). Je n’ai ni une maison encore moins une voiture. Les gens me posent la même question et lorsque je réponds, ils n’arrivent pas à le croire.

Et cette maison que vous habitez, vous ne l’avez pas acheté avec l’argent de la lutte ?

C’est Mbaye Jacques Diop qui me l’a offerte.

Est-ce que les lutteurs vous soutiennent ?

À part Tapha Guèye, personne ne me vient en aide. J’adore néanmoins Yékini parce que c’est un grand talibé de Mame Maodo Malick. Les lutteurs font semblant d’oublier. Raison pour laquelle je n’ai pas de lutteur préféré.

Quelle analyse faites-vous de la renommée de Modou Lô ?

Je dis que Modou Lô est le lutteur le plus populaire présentement. Da fa khèw. Personne n’y peut rien.

À votre époque, y avait-il des lutteurs aussi célèbres que lui ?

Bien sûr. Je peux citer les Songane Guèye, Abdourahmane Ndiaye Falang et tant d’autres.

Un mot pour terminer

Que la paix règne partout au Sénégal.

Source : sunulamb

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